La roue de l'ingénieur Alphonse Sagebien, d'après un brevet déposé en 1858,
est une sorte de roue de côté dont les aubes sont planes, profondes et encastrées,
avec un très faible jeu entre les murs du coursier. Dans la seconde moitié du
XIX ème siècle, cet ingénieur a installé en France plus de 70
roues principalement pour des usines de tissage.
Elles représentaient alors le moteur hydraulique le plus élaboré.
L'admission de l'eau se fait par une vanne tangente à la roue. Le rendement est
très élevé : il peut atteindre jusqu'à 90 %.
Son seul inconvénient sont ses grandes dimensions et sa lenteur de
rotation
Pour commencer , nous allons simplifier le
problème en nous plaçant dans le cas de 2 plans d'eau assez étendus , voisins
, mais séparés par une dénivellation de quelques mètres
Entre les 2 plans on creuse un canal rectangulaire qui au lieu d'être fermé
par une vanne sera barré par une roue vanne .
L'image ci dessous représente une roue de ce type
cette roue a un grand nombre de pales .
Sans tenir compte de la vanne de tête tout à gauche qui ne sert que
d'isolement ,le débit est assuré par un déversement au dessus d'une vanne
plongeante
Si la roue est arrêtée , l'eau ne passe pas , fuites mises à part bien
entendu.
Ce type d'installation demande une construction soignée et précise ! Le jeu
entre les bajoyers et la roue doit être aussi faible que possible ; de même
entre le coursier et la roue
Dans les installation très soignées , la vanne plongeante est cylindrique
au diamètre de la roue
Le niveau supérieur est H1 , le niveau inférieur
H2 , la différence de niveau est H.
Quand la première pale ferme le contact avec le niveau amont , le niveau d'eau
entre les pales successives va baisser progressivement, en partant du principe
de la conservation du volume introduit
Chaque pale reçoit une poussée fonction de la différence des hauteurs d'eau
La totalité des poussées correspond à la hauteur totale H
Pendant toute cette période les aubes sont hydrauliquement isolées de l'amont
et de l'aval
La pale qui va quitter le coursier et se trouver toute entière dans le bief
aval , va se "vider" en fait elle perd toute sa pression
restante et sera soumise à
la pression basse H2.
Elle se vide par un écoulement à
vitesse très lente.
C'est grâce à cette lenteur que la perte d'énergie est minimalisée vu
notamment l'absence de tourbillons
Le dessin schématique ci dessous donne une explication qui se voudrait encore
plus simple du fonctionnement.

Tant que la pale 3 n'a pas quitté le coursier ,
toute l'eau contenue entre 2 et 3 est à la pression due au niveau H1
Dès qu'elle commence à le quitter , le volume est mis en communication avec le
niveau aval.
La pression tombe aussitôt.
La pale 2 est soumise à une force due à la
différence de pression.
Cette explication est ultra simpliste
Pendant cette période un effort pratiquement constant a été exercé sur cette pale
Cet effort a produit un couple qui fait tourner la roue.
Par ailleurs un volume d'eau est passé de l'amont vers l'aval.
Ce volume est celui contenu entre 2 pales. La masse d'eau correspondante M
de poids M * g a perdu une énergie M *g * H.
Les pertes étant surtout dues aux fuites , le rendement peut être très élevé
On pressent qu'il y aura une vitesse optimale ou
l'énergie perdue sera égale à celle récupérée par la roue. Du moins s'il
n'y a pas de pertes.
En fait , la roue vanne a un bon rendement. Elle se comporte comme un
"compteur d'eau" . S'il n'y a pas de turbulences , pas de tourbillons
, l'eau s'écoule dans des conditions "idéales".
A contrario , si on laisse la roue libre de toute résistance mécanique , elle
prendra une vitesse élevée et le régime sera ultra tourbillonnaire.
Tout se passera comme si la roue n'existait pas et un débit énorme sera
gaspillé en pure perte.
Une étude bien plus
avancée est donnée dans une autre page